1/08/2011

Beats In Space

Beats in Space publishes its 2010 best-of in the form of two radio shows here.





11/23/2010

Pendant les mois qui ont suivi la commercialisation de "This Is Happening" de LCD Soundsystem, et donc la première écoute de "Home", je me suis demandé quel titre pourrait venir la titiller sur la plus haute marche du podium des chansons de l'année. La réponse tient en 3'55


6/06/2010

Beautiful People (2)

"Hébétés, bourrés de coke pour oublier la solitude, pour oublier le néant. "Nous n'avions jamais le temps de comprendre les gens, nous étions tellement occupés à courir après des illusions" ajoute Diane. Et après avoir plané, il faut bien atterrir : la vie le lendemain, vide et fracassée, encombrée de l'extase de la nuit précédente, la gueule de bois et les mains tremblantes, l'inanité au-delà de l'illusion."


Beautiful People - Saint Laurent, Lagarfeld : splendeurs et misères de la mode - Alicia Drake (Gallimard - 2008)

5/25/2010

L'entrée des fantômes (2)

"De l'autre côté de la nuit se devine le bleu du ciel, un bleu comme noir. Les fantômes sont évaporés. Cela fait un moment que la voiture roule dans le bruit étale doux lointain d'une machine de velours, il semble le bruit même de l'ombre. Renversé sur la banquette, à travers la vitre ornée de fleurs de givre je contemple au dessus de moi le point lumineux qui poursuit sa ronde perpétuelle dans la voute étoilée, je m'aperçois que je tiens le stylo près de mon visage, distraitement dans un souffle que j'expire Ahhh ... un fragment de laque se déboîte vers l'intérieur, glisse sur le côté, dévoile une membrane transparente Ahhh"

Jean-Jacques Schuhl - Entrée des fantômes (Gallimard)

5/01/2010

Beautiful People

"Depuis toujours, Corey est dans la fascination de l'image, point de départ de son attirance pour la notion de mode, les mannequins et Andy Warhol, lequel est non seulement un grand manipulateur de l'image dont la démarche proprement dite consiste à décrire la surface des choses, qu'il s'agisse du président Mao ou d'une chaise électrique. La relation sentimentale malheureuse qu'il vit alors n'est que la continuation de cette problématique, puisque l'homme qu'il poursuit est amoureux non pas de lui mais de son reflet. "Je n'avais pas un vrai travail, je n'étais pas un vrai mannequin, en fait je n'étais rien, explique-t-il. Tout ce que j'avais, c'était moi. La jeunesse et l'énorme pouvoir de séduction que l'on peut avoir à cet âge : voilà sur quoi je pouvais compter." Description qui s'applique à nombre de garçons et de filles qui à cette époque de triomphe de l'apparence vivaient de leur image"

Beautiful People - Saint Laurent, Lagarfeld : splendeurs et misères de la mode - Alicia Drake (Gallimard - 2008)



4/18/2010

Entrée des fantômes (1)

"Ma vie alors, je me dis des fois, aurait pu basculer : argent facile, limousines, vedettes, villas, piscines, vedettes, villas, piscines, Roederer Crystal, soirées genre ostéopathe mondain de Londres, Christine Keeler ... Mais non ! No regrets ! ça commençait à finir, tout çà : les producteurs flambeurs, les actrice flambées, le cinéma passait entre les mains des banquiers, exécutifs, exécuteurs, les filles menaient un combat pour devenir actrice d'un jour, jetables, elles n'avaient plus la tête à rigoler et l'argent servait à acquérir l'argent [...] Enfin, non, là en 72-73, l'année de La Maman et la Putain à Cannes, ça allait de justesse, pour encore deux, trois ans; après, ce serait la nouvelle aire glaciaire, le temps de boucler le scénar, tourner le film, ç'aurait été pour rien ... comme pour le tango ! J'avais bien fait de ne rien faire.
78-79, on allait solder les comptes... inventaires avant de démarrer l'ère technologique barbare sans mémoire, oeuvres complètes en DVD ... Frigo ! Congélateur ! Greffiers!... Repli général!!... Restauration!!!... Et ce qu'on voulait à la rigueur voir sur l'écran c'était des plus moches et malheureux que soi... ! Et des histoires plus tristes que la sienne pour ne pas désespérer. Alors pourquoi je l'aurais fait, le scénar ? puisque pauvre de moi, j'en étais resté au piscines de Gatsby et de l'ostéopathe mondain de Londres ! Toujours aussi romanesque ! Un rêveur forever !"

Jean-Jacques Schuhl - Entrée des fantômes (Gallimard)

3/07/2010

L'Horizon

"Ces fragments de souvenirs correspondaient aux années où votre vie est semée de carrefours, et tant d'allées s'ouvrent devant vous que vous n'avez que l'embarras du choix. Les mots dont il remplissait son carnet évoquaient pour lui l'article qu'il avait envoyé à une revue d'astronomie. Derrière les événements précis ou familiers, il sentait bien tout ce qui était devenu une matière sombre : brèves rencontres, rendez-vous manqués, lettre perdues, prénoms et numéros de téléphone figurant dans un ancien agenda et que vous avez oubliés et celle et ceux que vous avez croisé sans même le savoir. Comme en astronomie cette matière sombre était plus vaste que la partie visible de la vie. Elle était infinie. Et lui, il répertoriait dans son carnet quelques faibles scintillements au fond de cette obscurité. Si faibles, ces scintillements, qu'il fermait les yeux et se concentrait, à la recherche d'un détail évocateur lui permettant de reconstituer l'ensemble, mais il n'y avait pas d'ensemble, rien que des fragments, des poussières d'étoiles."

Patrick Modiano - L'Horizon (Gallimard)

2/20/2010

L'Amérique (1)

"Je me souviens, un soir de décembre froid et lumineux à New York, d'avoir suggéré à un ami qui se plaignait d'être là depuis trop longtemps de venir avec moi à une fête où il y aurait, lui promis-je avec l'ingéniosité triomphante de mes vingt-trois ans, "de nouveaux visages". Il rit à s'en étouffer, littéralement, au point que je dus baisser la vitre du taxi et lui taper dans le dos. "De nouveaux visages, finit-il par dire, ne me parle pas de nouveaux visages". Apparemment la dernière fois qu'il était allé à une fête où on lui avait promis des "nouveaux visages", ça s'était résumé à quinze personnes dans une pièce, et il avait déjà couché avec cinq des femmes et devait de l'argent à tous les hommes sauf deux. Je ris avec lui, mais les premières neiges venaient de commencer à tomber et les immenses sapins de Noël scintillaient de jaune et blanc à perte de vue le long de Park Avenue et j'avais une robe neuve et il ne se passerait pas très longtemps avec que je ne comprenne la morale particulière de cette histoire."

Joan Didion - L'Amérique (Grasset)

1/21/2010

Mes disques préférés des noughties

The Strokes – Is This It
The Streets – Original Pirate Material
Metro Area – S/T
Outkast – Speakerboxx/The Love Below
Burial – Untrue
Blur – Think Tank
Fennesz – Black Sea
The Field – From Here We Go Sublime
Four Tet – Rounds
Gang Gang Dance – Saint Dymphna
Go Team! – Thunder Lightning Strike
GYBE – Yanqui UXO (ne serait-ce que pour les 7 premières minutes du morceau d’ouverture)
Jay-Z – The Black Album
Kanye West – The College Dropout
LCD Soundsystem – Sound Of Silver
Daft Punk – Discovery
Liars – They Threw Us in a Trench & Stuck Monument on Top
Luomo – Vocal City
Panda Bear – Person Pitch
PJ Harvey – Stories From The City, Stories From The Sea
Radiohead – Kid A
Sonic Youth – Rather Ripped
Studio – Yearbook 1
Air France – No Way Down EP
Telepathe – Dance Mother
Cold Cave – Love Comes Close
The Avalanches – Since I Left You
Tim Hecker – Harmony In Ultraviolet
TV On The Radio – Return To Cookie Mountain
Yo La Tengo – I Am Not Afraid of You and I Will Beat Your Ass
Animal Collective – Sung Tongs
Bon Iver – For Emma, Forever Ago
Daniel Darc – Crêve Coeur
The Rapture – Echoes
Susumu Yokota – Grinning Cat
Hot Chip – The Warning
Antony and The Johnson – I Am A Bird Now
Erikah Bady – New Amerikah Part One
Deepchord presents Echospace – The Coldest Season
Fennesz & Sakamoto – Cendre
William Bassinski – The Desintegration Loop 1
Metro Area – Fabric 43

Ecouter des extraits de la playlist : ici

1/03/2010

La vérité sur Marie (1)

"Il y a des jours ainsi, à la fin de l'été, qui restent confinés du matin jusqu'au soir dans cette chaleur statique qui enveloppe les corps et engourdit l'esprit, et je finis par me rendre compte que ce qui rendait la crique si étrange ce jour là, c'était qu'il n'y avait plus de bleu dans le paysage. On eut dit que, à l'aide d'un logiciel de retouche d'image qui permet d'enlever une seule couleur à la fois, le bleu avait été entièrement effacé du décor sans que le reste de la gamme chromatique en eût été affecté. Le bleu avait disparu, le bleu habituel, le bleu radieux, le bleu éclatant du ciel et de la mer, le bleu endémique de la Méditerranée, s'était évaporé de la nature. Tout n'était que brumes de chaleur et blanc ouaté saturé de lumière. Il n'y avait pas un souffle de vent, pas d'air, rien, pas la plus légère brise pour faire onduler un jonc dans la crique - comme si le vent accumulait ses forces pour la tempête qui se déclencherait dans la nuit."

La vérité sur Marie - Jean-Philippe Toussaint (Minuit)

Nurse With Wound - Funeral For Perez Prado