Affichage des articles dont le libellé est Gig. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gig. Afficher tous les articles

9/11/2009

Carl Craig a présenté

Extrait de la présentation du concert "Carl Craig presents Tribe Records"


"Détroit est une terre fertile en musiques noires-américaines : jazz, soul, hip-hop, funk y ont eu largement droit de cité. C’est aussi là qu’est né Carl Craig en 1969. C’est toujours là que s’inventera la techno et plus largement une bonne partie de la musique électronique, dont Carl Craig fut l’un des pionniers emblématiques. C’était déjà cette fabuleuse scène qu’il honorait en 2003 avec "Detroit Experiment", un album où l’on retrouvait Geri Allen, Doug Carn, Marcus Belgrave… Six ans plus tard, l’esthète des machines à sons prolonge l’expérience en s’associant aux musiciens qui participèrent à l’aventure de Tribe Records, label basé à Detroit, fondé au début des années 70 par le saxophoniste Wendell Harrison et le tromboniste Phil Ranelin, vite rejoints par le trompettiste Marcus Belgrave, le batteur Doug Hammond, le pianiste Harold McKinney et tant d’autres. Tous s’organisèrent et se fédérèrent pour porter au plus haut leur message en musique (du jazz au pluriel de leurs subjectifs). "

A la Cité de la Musique de la Villette, Carl Craig a associé son nom à celui des musiciens de Tribe Records, lors du concert d'hier soir. Et ce fut tout.

1/15/2008

Hard To Explain


Depuis une soirée inoubliable de printemps 2006, Pete Doherty tient une place à part dans mon univers musical, un statut de star intouchable, injuste, irrationnel. Depuis sa prestation au Bataclan, je n'ai plus jamais vu un concert de la même façon. Et bassiné mon entourage de phrases définitives et stupides ("Qui n'a jamais vu Pete Doherty sur scène n'a jamais assisté à un concert rock", "Tu ne peux prétendre me comprendre si tu n'aimes pas Pete Doherty", etc... j'en passe et des meilleurs). Malgré tout je n'attendais absolument rien de ce concert à l'Olympia. Il faut dire que depuis la dernière -et seule fois- où je l'ai vu sur scène, j'ai acheté deux fois des billets pour assister à un de ces concerts, et à chaque fois il n'a point daigné se montrer. Arrivé mollement à l'Olympia, croisant sur ma route myriade de demoiselles plus charmantes les unes que les autres, j'assiste à l'entrée à une scène qui me donne immédiatement le sourire: un jeune couple trop sursapé pour être honnête se fait refouler après être resorti de la salle pour ranger ses casques de motos. Je patiente en attendant l'Artiste par la lecture du tome 3 de harry Potter et constate que l'indé parisien est toujours aussi drôle et original ("Ils meurent tous à la fin", oui t'es gentil t'es au moins la 5ème personne qui me l'a faite depuis que j'ai pris le rer à 7H du mat') ou fashion ("j'espère qu'il va pas jouer son dernier album, je l'ai pas écouté", encore une qui a voulu se montrer), quand soudain les lumières s'éteignent dans un vacarme assourdissant. Les Babyshambles entrent en scène et ouvrent par Carry on Up The Morning qui tournera court après à peine trente secondes, Pete Doherty invoquant des problèmes de son. Il enchaîne avec Delivery qu'il interrompera là encore pour les mêmes raisons. Cependant il reprendra le premier single isssu de Shotter's Nation pour le mener à son terme. Ca commence pas forcément bien, me dis je, si il nous fait ça pendant tout le concert on va bien rigoler (ou pas). Heureusement il enchaîne sur le magnifique Beg, Steal & Borrow qui donne la tonalité pour le reste du concert: classe, libre, épique, rock'n'roll. Couvrant allégrement les deux albums, Pete Doherty nous gratifie de très grands moments, époustouflants, comme sur Killamangiro, You Talk, Back From the Dead, What Katie Did ou le majestueux Albion, mais globalement il n'y a rien à jeter de ce fantastique concert. Le final dantesque Fuck Forever a retourné la fosse dont s'est échappé un cri primal de bonheur. Le concert s'est fini très vite (1H20), d'autant plus court que c'était bon. Cependant il me faut modérer mes propos, car si pour n'importe quel autre groupe on aurait pu crier au génie, on attend forcément plus, tout du moins une expérience unique, inoubliable, différent de sa part. Hier soir il a juste prouvé qu'en plus d'être un vrai artiste, la seule rock star des années 2000, il était aussi un véritable performer live. ce qui est déjà pas mal, tout le monde ne peut en dire autant. Un petit concert pour Pete Doherty, une grande claque pour la concurrence.

8/06/2007

Digitalism in Brest

Vendredi soir se déroulait la deuxième soirée du festival brestois Astropolis, à la toute nouvelle salle La Carène, sur le port de commerce. Au programme Zenzile, Au Revoir Simone, Wax Tailor, Goose et Digitalism. Arrivé trop en retard j’ai raté le premier concert, ai pris le concert de Wax Tailor en route. Fidèle à sa carte de visite, Wax Tailor joue un trip-hop à la cool, comme on en a beaucoup entendu depuis la démocratisation du genre. Et comme tout trip-hoper à la cool, Wax Tailor, diffuse des extraits vidéo de films et de documentaires en noir et blanc derrière son groupe, le message étant « peace, unity et Humphrey Bogart ». Cà se laisse écouter, çà fait osciller les hanches de mes voisines, mais çà ne casse pas trois pattes à un canard. Ensuite petit break bière sur la terrasse de la Carène, incontestablement le lieu le plus classe de la côte nord. Après quelques bières du cru, je redescends voir Goose, ce groupe dont on m’avait dit autant de bien que de mal.Et en concert c’est un peu le concept du Dis l’heure de Son : un son KFC, gras, brut de décoffrage qui redonne à l’expression « trop de son, tue le son » toute sa signification. Pourtant le groupe ne va pas sans séduire une grande partie d’un public chauffé à blanc et prêt à en découdre avec la tête d’affiche de la soirée : Digitalism. Le duo de Hambourg, qui rencontre un succès grandissant, donnait à Brest un de ses premiers concerts français, et c’est peu dire que je les attendais avec impatience, voulant goûter au retour de la teuf pour la teuf. Car depuis la montée des buzz Klaxons et Justice, l’essoufflement de la nouvelle vague des groupes en The, on assiste à un regain d’intérêt pour les musiques électroniques, chez les indie kids et dans les médias spécialisés où le T-Shirt Justice à manches courtes par-dessus un T-Shirt Strokes à manches longues est devenu uniforme et le 33t de « Seven Nation Army » des White Stripes est soigneusement caché derrière la dernière compilation Ed Banger. Pour revenir au sujet du jour, assister à un concert de Digitalism c’est un peu comme être au volant d’une Mercedes après avoir conduit une Renault avec sièges baqués siglés Pedro Winter . La mécanique est bien huilée, le show rutilant, et la puissance délivrée phénoménale, les montées d’acide de « Zdarlight » et de « Idealistic » restant sans équivalent de ce côté-ci du Rhin depuis « Dudun-Dun » de Para One. Le concert, expédié en deux temps trois montées et ressuscitant au passage le son de la deuxième moitié des années 90 ( Daft Punk et Underworld notamment), s’est conclu de la plus belle des manières avec « Pogo », ce single popissime qui aurait contribué à la forte croissance des ventes de Synthol au premier semestre et incarne à lui seul le retour de la teuf pour la teuf.

7/18/2007

Like A Daydream


J'aime bien la Maroquinerie. C'est vraiment une très bonne salle: petite, chaleureuse, conviviale, très bonne accoustique, éclairage minimaliste voire bicoloreles concerts s'enchainent vite et bien, ce sont les artistes eux-mêmes qui viennent installer et démonter leur matériel. Hier soir c'était grosse affiche à la Maroquinerie. Jugez par vous même: Sebastien Schuller, Gravenhurst et les très cultes et branchés Animal Collective en tête d'affiche. Petite note: après plus de 70 concerts (je dénombre 69 "tickets", festivals compris) et 8 ans après le premier, j'assistais hier à mon premier concert en tant qu'inscrit sur la guest list, merci à Magic et à mon frère. Je pris en cours le set de Sebastien Schuller mais j'en ai vu suffisamment pour apprécier un concert très aérien, éthéré et agréable. Par contre je suis plus circonspect à l'égard de Gravenhurst, pas trop accroché à leur noisy en forme de montagnes russes qui alternaient instants calmes et énervés. Puis les créatures d'Animal Collective sont arrivés sur scène installer leur matos. Que des samplers et des ordinateurs, des bouts de batterie mais pas de guitares. Je n'ai jamais accroché à la musique ni à l'univers d'Animal Collective qui sont loin d'être facile d'accès. Et ce n'est pas ce concert qui va me convertir à la secte Animal Collective. Mais je dois reconnaître qu'il y a indéniablement quelque chose, une ambiance, un univers particuliers, ce n'est pas que de la branlette intellectuelle pour indé branché parisien péte-couille. Et pour quelqu'un comme moi qui vient d'une culture à guitare et à structure classique de chansons (couplet-refrain-mélodie) c'est assurément très rafraichissant. Souvent (tout le temps) barré, parfois très inspiré, les new yorkais ont entrouvert pendant près d'une heure et demi les portes de leur univers étrange où viennent se télescoper dans un maëlstrom sonore les bruits les plus bizzaroïdes. Séduit pendant les 45 premières minutes avant de totalement décroché dans le quart d'heure suivant, j'ai été franchement conquis par les 20 dernière minutes du concert sans rappel (juste après qu'on ait apporté sur scène un gâteau d'anniversaire à l'un des membres du groupe) ainsi que le devant de la fosse littéralement en transe, comme si la teuf pour la teuf s'était immiscé dans la petite salle surchauffée de la Maroquinerie... Ils ont conclu le concert par un morceau du dernier Panda Bear, enfin je crois, n'étant pas un familier de leur musique et vu que je suis devenu très mauvais en blind test il y a des chances que je me trompe. les avis étaient mitigés à la fin du concert, certains ont vécu l'expérience de manière très intense, d'autres ne sont jamais rentrés dans le trip. Pour ma part je suis sorti du concert d'Animal Collective comme on se réveille d'un songe: on ne sait pas trop à quoi on a assisté, si c'était vraiment bien ou pas mais ça va nous travailler quelques heures.

7/07/2007

The Chemical Brothers Are Playing At My House


Après avoir cassé deux types dans la queue du Mcdo ("Trop cool, à ce qui paraît en novembre y a un festival en Belgique où la tête d'affiche c'est Underworld!", moi me retournant:"sans aller jusqu'en Belgique, Underworld passe au Bataclan en novembre. Mais de toute voir Underworld en 2007 après le départ de Darren Emerson ça n'a aucun intérêt, c'est comme voir Daft Punk sans Thomas Bangalter") je me retrouve au Zénith. Alors que toute la planète sport a les yeux rivés sur l'Angleterre et Londres en particulier (départ TdF, Wimbledon et GP F1), les Chemical Brothers ont choisi Paris pour briller. Et sont venus avec la ferme intention de mixer et ne pas se contenter de Push The Button. Ce soir, pas de casques ou de pyramide, mais de nouvelles coupes de cheveux et un jeu de lumière très classe et énergique. Grosse surprise: on a assisté à un vrai concert, et non pas un mégamix de leur tubes. Privilégiant le dernier album dans la première partie du concert et un mix inédit dans la seconde, les Chemical ont lancé doucement leur set, mais dès que ça a été fait, le Zénith était debout et en nage. Longues montées acides et beats explosifs ont fait bouger la foule qui dansaient et levaient les bras le sourire aux lèvres. et qui a littéralement explosé sur Hey Girl Hey Boy! Moi même je m'en suis donné à coeur joie et n'avais pas dansé comme ça depuis lontemps. Si j'avais été un gros blasé j'aurais pu leur reprocher un choix pas toujours judicieux dans la set list (où sont passé Block Rockin' Beat? Setting Sun? les morceaux de Exit Planet Dust?), des transitions parfois interminables et un rappel un brin paresseux, mais non, ne boudons pas notre plaisir. Ce soir c'était bien le retour de la teuf pour la teuf, et le Zénith, la plus grande discothèque du monde.

7/03/2007

Primal Scream?



Vous saviez qu'Iggy Pop avait 60 ans? Né en 47 il est toujours aussi affuté, comme à ses premières heures, plus de trentes ans après les débuts des Stooges... Le concert des Stooges ce soir au palais des sports de la porte de Versailles, un an après celui du Zénith, n'était pas complet, les Djeuns préférant squatter le concert des Arctic Monkeys. Détail amusant, à l'entrée de la salle, les détenteurs de places assises tentaient d'échanger leur billet contre des places dans la fosse. Il faut dire que voir les Stooges assis c'est une hérésie. Après une bonne première partie -un groupe français qui chante en anglais avec une chanteuse à gros seins et dont j'ai pas compris le nom- Iggy et ses Stooges ont investi la scène. Et là c'est comme si il y avait eu une couille dans le paté. J'avais l'impression d'être au cirque. Iggy en faisait trop. Beaucoup trop. Tout comme le public d'ailleurs. Ca sonnait faux, artificiel, l'ambiance comme la musique. Pour une fois le concert ne sonnait pas comme les albums et c'était un tort. On aurait cru que pour le public, si ça avait été un autre artiste ça aurait rien changé. Ils auraient été hystériques de toute façon. Même les muscles de Iggy Pop faisaient faux. Alors bien sûr dans la fosse ça a été bien violent (j'ai d'ailleurs pété mes lunettes), No Fun et Fun House ont été des moments de folies pures. Et puis il y a eu I Wanna Be Your Dog. Malgré Iggy faisant le chien et aboyant(!), rien que les trentes secondes de l'intro valait à elles seules le prix du billet: quel autre morceau en live a une telle puissance? Honnêtement j'en vois aucune. Mais globalement j'ai eu une impression mitigée du concert. Comme il y a un an ils ont joué une seconde fois I Wanna Be Your Dog. Je me souviens qu'alors, j'étais déjà à genoux, exténué, prêt à vomir, lessivé par un concert à la folle intensité sexuelle. Là il n'en fut rien. Je n'étais pas fatigué et j'aurais pu m'infliger 60 I Wanna Be Your Dog que ça n'aurait rien changer, j'en avais juste pas envie. Le concert de ce soir n'avait rien de sexuel (d'ailleurs aucune groupies topless, même si y en avait certaines bien en chaleur...). C'était l'occasion de voir un monument de l'Histoire du rock. Comme on va au musée.

7/01/2007

New York City Cops


Ce soir j'ai assisté à un moment à la fois historique et injuste. Historique car Sonic Youth, ce monument de l'underground indé américain venait jouer à Cergy, MA ville de banlieue où j'ai grandi et où je vis encore, dans le cadre du Furia Sound Festival. Et une grande injustice car programmer Sonic Youth en "première partie" de Queens Of The Stone Age à 18H50 ça fait pas très sérieux... Mais heureusement les New-yorkais n'en avaient que faire. En une petite heure ils ont prouvé qu'ils étaient encore les sheriffs du rock new yorkais, et ce plus de 20 ans après leurs débuts. Jamais un groupe n'avait aussi bien porté son nom, et aussi peu porté son âge. Sonic Youth. La classe faîte rock'n'roll. Ils n'ont pas joué Daydream Nation dans l'ordre et dans sa globalité. Ils n'en ont pas eu besoin. Plutôt que de se limiter à un seul album, bien que ce soit leur chef d'oeuvre, ils ont couvert une grande partie de leur abondante discographie, au cours d'un concert noisy et incandescent. Kim Gordon était impeccable en grande prêtresse du rock. Thurston Moore très classe et élégant. Et Lee Ranaldo très affuté. Les grandes chansons se sont enchaînées commes des perles qu'ils auraient enfilées aux cordes de leurs guitares. Et pourtant ils en ont oubliées plein. Et pourtant ils n'ont pas joué Teenage Riot. Pas grave ça sera pour la Route du Rock. Le moment en sera d'autant plus historique. Je me répète, mais ce soir ils avaient pas besoin de la jouer. Les 60 minutes intenses de concert ont suffi à mon bonheur et m'ont permis de répondre à une question essentielle: Sonic Youth plus grand groupe de rock encore en activité? Ce soir la réponse fut limpide et cinglante pour la concurrence.

Fire In The Hole


Avant de commencer, je dois vous faire un aveu: le concert de Queens Of The Stone Age au Furia Sound Festival fut mon premier concert complet où j'ai porté des boules quiès. Alors forcément ça a altéré mon jugement, mais après Sonic Youth, et plus de deux semaines après Daft Punk, mes tympans n'étaient pas prêts à se prendre la déflagration sonore de QOTSA. J'ai bien enlevé une ou deux fois mes protections pour m'assurer du son, et rassurez vous les amplis étaient bien réglés au maximum, et le jeu des QOTSA toujours aussi précis et énergique. Ils ont fait la part belle au dernier album, mais en oubliant Sick, Sick, Sick à la grande colère de ma voisine. Le public, essentiellement lycéen, conquis d'avance, sautait gaiement, connaissant par coeur les morceaux. Petite anecdote: tout d'un coup, y a eu que des filles qui ont slamé, toutes en même temps. Une, deux, trois, etc... une bonne dizaine! Mention spéciale à la petite brune, parce que quand on mesure moins d'1m60 et qu'on doit peser moins de 50kg, faut avoir du cran pour aller slammer dans la fosse de QOTSA. Et puis il se mit à pleuvoir. Et ce fut le moment pour Josh Homme et ses comparses de lancer Little Sister. Et il n'y eut plus personne pour slammer. Cela n'aurait pas été téméraire mais suicidaire. Le concert continua, porté par une foule en délire, et se termina par The Lost Art Of Keeping A Secret ou No One Knows, je sais plus. De toute façon c'était le chaos.

6/27/2007

Jump In The Air


Un de mes premiers souvenirs de concert à la télé fut celui des Beastie Boys enregistré en Ecosse, tournée de 1999 si je ne m'abuse. Je me souviens d'une scène en rond, au milieu de la fosse, au milieu d'un public déchaîné, célébrant trois MCs et un DJ venus de New York. A l'époque je n'avais pas encore usé mes premières Gazelles en concert, et inutile de préciser que j'avais été très impressionné par les images que me diffusait ma télé.Ce 26 juin les Beastie boys étaient de retour au Zénith de Paris. A voir les queues immenses pour accéder au Zénith et le déploiement des forces de l'ordre, je me suis dit que le concert allait être forcément chaud. Les Beasties sont arrivés vers 21H15, lookés façon Blues Brothers. Peut-être trop tirés à quatre épingles dans leurs impeccables costumes, les beasties boys ont commencé mollement leur show. Lorsqu'ils ont annoncé Remote Control, j'y ai vu le signe que le concert allait enfin décoller. Mais non. Ce fut une prestation très chaotique, discontinue, entrecoupée d'intermèdes instrumentaux certainement extrait de The Mix Up à paraître prochainement. Ce qui m'a surtout surpris, ce fut le peu d'ambiance dans la fosse: j'espérais quelque chose de furieux, d'intense, il n'en fut rien. Alors oui, sur les hymnes tels que Body Movin', Intergalatic ou l'immense Sabotage on a assisté à un concours de sauts à celui qui arrivera le premier à toucher le toit du Zénith avec ses mains, mais en dehors de ça ce fut assez pépère. L'audience était sans doute trop assommée par les nombreux Taz qui circulaient. Les lumières ont fini par se rallumer, et je repartis en ayant le sentiment que le concert n'avait jamais réellement débuté.

6/24/2007

"It's Saturday Night, And I Don't Want To Go Out..."


... chante Klima sur You Make Me Laugh. Heureusement pour nous la française exilée en Angleterre ne s'est pas écoutée et est venue en ce samedi 23 juin assurée une jolie première partie toute en apnée, en préambule au concert d'Au Revoir Simone. Après un intermède, à mon goût dispensable, d'Andy Yorke, les trois new-yorkaise se présentent sur la scène du Trabendo et ouvrent par The Lucky One, à mes yeux leur meilleure chanson, mais qui ce soir fut de loin leur plus mauvais morceau. Car les demoiselles, non contentes d'irradier littéralement la scène, ont également enflammer le public grâce à un set frais, malin, printanier qui devait moins à leur physique avantageux (au passage je confirme, pour les avoir vues de près, elles sont VRAIMENT belles) et à leurs légères robes à pois qui laissaient admirer des jambes interminables, qu'à leur charme, leur humour et, bien sûr, leur talent. Bien entendu on était loin du retour de la teuf pour la teuf, et on ne peut plus vraiment dire que les trois brunes soient encore très hype, mais sur scène elles savent donner plus d'envergure à leurs compositions, qu'elles interprètent avec un enthousiasme communicant. A la fin du rappel, les nymphes, qu'on jurerait toutes droit sorties d'un film des années 60, se sont mêlées à leurs fans en toute humilité et simplicité. En grand journaliste que je suis... (sic) je m'approchai pour leur poser quelques questions. Mais intimidé pour ma première interview par tant de gentillesse et de spontanéité, je ne pus obtenir qu'un grand sourire et une immense déception:"excuse me, but are you engaged?" "yes" " you just broke my heart"... Je quittai donc le Trabendo, l'âme en peine mais le sourire aux lèvres, heureux d'avoir assisté à un bien chouette concert. Au Revoir Simone? Bienvenu au royaume de l'indie pop, là où toutes les filles sont belles.

6/15/2007

D.A.N.C.E.


Hier soir j'ai assisté à la plus grande partouze de l'année à Paris: le concert de Daft Punk à Bercy. Les vrais-faux robots avaient déjà créé la surprise il y a un an avec des apparitions parcimonieuses mais remarquées dans les festivals et une pyramide rapidement devenue star de youtube. Cette année c'est carrément la tournée événement, Bercy complet depuis des mois et tout le merchandising qui va avec. L'avantage avec les grandes salles et les gros shows, c'est la ponctualité: il était écrit 20H sur le billet, les Klaxons n'ont pas attendu une minute de plus pour investir la scène et assurer la première partie. Prestation très courte (une demi-heure à peine), mal partie (très mauvais son, ambiance frileuse), mais que le combo anglais a su sauver avec des chansons efficaces et un certain savoir pour jouer avec le public. Au final ils ont su chauffer un auditoire qui n'en avait rien à foutre de ces quatre jeunots, et qui, pour les trois quarts ne les connaissaient pas. Car il faut le souligner, on est loin des débuts des Daft Punk, aujourd'hui il ratissent large, très large, auprès d'un public pas toujours au fait des dernières nouveautés. Public qui n'était venu que pour une chose, qui n'attendait qu'une chose, le spectacle son et lumière pharaonique des Daft Punk. Et dès le début ils ont annoncé la couleur: ça allait être puissant, hédoniste et physique. Devant un public conquis d'avance, Thomas et Guy-Man ont livré un set légèrement différent des concerts de 2006 (ce qui lève légérement l'impression que ce soit un cassette pré-enregistrée qui passe avec les Justice en pousse-boutons derrière...) dans l'enchaînement des morceaux, mais certainement pas dans le pilonnage toujours aussi brutal des tympas. Hypnotisé par la pyramide, et, porté par une salle de 10000 personnes en transe, on se laisse faire sans broncher. Le plaisir d'écouter live et sur des enceintes surpuissantes Rollin' & Scratchin' et Da Funk (bien que tronqués) aide aussi pas mal. Lessivés après 1H15 d'un show violent, gatz et moi on était déjà prêt à repartir (ayant assisté au concert à Pukkelpop l'an dernier, on connaissait déjà le show, tout du moins le croyait on) lorsque que notre voisin nous interpella:"attendez, y a quatre jours ils ont fait un rappel de 10 minutes! ils ont joué du Stardust et du Together! c'était énorme!". Alors en effet il y a bien eu un rappel de 10 minutes, encore plus bourrin que précédemment, qui n'a pas apporté grand chose mais qui a eu le mérite d'exister. De toute façon on en avait déjà eu pour notre argent, le rouleau compresseur Daft Punk s'étant montré particulièrement efficace ce soir, à défaut d'être inspiré.




Daft Punk live @ bercy part 2
envoyé par elseprod


6/08/2007

Thursday Evening


Premier choc en arrivant à la Boule Noire: putain, et dire que j'ai loupé les Libertines quand ils y sont passé, il y a déjà quelques années de ça. C'est une toute petite salle, très sympa, très rock'n'roll, parfaite pour assister aux débuts d'un groupe. Ca tombe bien,Ultra Orange & Emmanuelle donnent leur premier concert ce soir. Arrivé parmi les premiers, je notai un public essentiellement masculin (Emmanuelle?) et âgé (j'en soupçonne même certains d'avoir assisté au premier concert du Velvet tant ils me semblent plus tout frais). Il faut dire que l'essentiel des midinettes parisiennes et des jeunes en général (bon sang, ils ont pas un bac à réviser tous ces lycéens?) étaient à la Cigale voisine pour le concert de Justice. J'attendais pas grand chose de ce concert, passé le coup de foudre de Sing Sing et l'achat un peu compulsif de mon billet, l'excitation était vte retombée à l'écoute d'un album agréable mais à qui il manquait ce petit quelque chose qui fait la différence. Mais cette étincelle, ce "mojo", le groupe l'avait gardé pour cette belle soirée de fin de printemps. Ultra Orange & Emmanuelle sont arrivés à 20H30 pour livrer une prestation remarquable, enflammée, rock'n'roll. D'ailleurs ils ne se sont pas trompés en reprenant I'm Sick Of You des Stooges, dans une version d'abord toute en rage contenue avant de libérer leur énergie tel un acteur porno qui se "lâcherait" à la fin d'une partie de jambes en l'air filmé... Aucun morceau ne ressemblait à son enregistrement album, mais au contraire jouissait d'une version live nerveuse, tendue, plus libre et moins policée. Terriblement rock'n'roll. Et Emmanuelle? Tantôt hautaine, électrique, lascive ou épileptique, elle a prouvé qu'elle avait sa place, jouant de tous les registres pour habiter la scène. Définitivement rock'n'roll. Ce qui était le plus étonnant c'est le sentiment que tout cela était naturel chez eux, qu'ils ne se forcaient pas, et qu'au contraire tout coulait de source. Un concert étonnant, qui est allé crescendo, et qui a montré la volonté du groupe d'offrir un vrai concert et pas seulement une tournée de promotion. Assurément sur le podium de ma playlist des meilleurs concerts de l'année. A la fin du concert je me rendis compte que si les copies-papier (glacé) des couvertures de 20 ans ou Cosmo ont préféré aller suer sur Justice, c'était plutôt les créatures classes des podiums ou des plateaux qui se sont rendus à la Boule Noire: en bref, on était entre gens de bon goût.

6/04/2007

It's A Fucking Life


Première idée qui m'est venue à l'esprit en arrivant à l'Elysée Montmartre pour le concert de Sparklehorse:il doit y avoir moins de spectateur qu'il y en a eu pour le premier concert du Velvet. En effet, assistance clairsemée et rideau noir tiré coupant la salle en deux donnent le ton d'un concert intimiste.Tant mieux après tout, Sparklehorse est de ces groupes chéris que l'on veut garder pour soi tant ils ont su compter dans notre vie et nous accompagner dans d'intenses moments de solitude. Sparklehorse est un groupe qui compte pour moi depuis It's A Wonderful Life (2001) et l'écoute du dernier album n'avait fait que renforcer sa place dans mon coeur. J'avais été très déçu de louper leur venue en décembre dernier pour cause d'études dans le sud, et j'ai accueilli ce rattrapage de juin avec un énorme bonheur. Et ma déception en en aura été plus grande. Non pas que les chansons de Sparklehorse ne soient pas bonnes. Au contraire elles ont été très belles. Mais là où elle révèlent toute leur puissance émotionnelle écoutées après minuit, seul dans une pièce plongée dans l'obscurité, elles semblent inappropriées un samedi soir, entouré de monde, aussi fans soient ils.Je ne suis jamais rentré dans la petite heure de concert que Mark Linkous a constituée en piochant dans les chansons les plus calmes et appaisées (les plus obscures?) de ses premiers albums, négligeant les deux derniers. Une énorme déception. Peu de gens étaient présents ce soir, mais je suis pas sûr qu'il y en ait beaucoup qui veut fonder un groupe pour monter sur scène. Heureusement il reste de magnifiques albums à se réécouter jusqu'à la fin des temps. Tiens, il est minuit passé, je sais ce que je vais écouter...

4/27/2007

Voir Bloc Party (Et Mourir)


Presque trois ans déjà que Bloc Party a fait son entrée fracassante sur la scène musicale contemporaine. Sur la foi de premiers maxi époustouflants, le quartette a rapidement été propulsé en tête de gondole des meilleurs (tout du moins les plus lus) magazines musicaux, voire même d'autres (je me souviens notamment d'une interview de Kele Okereke dans... Voici!). Depuis, les Londoniens ont quitté le giron de l'indie pour intégrer la pas-si-longue-que-ça liste des groupes qui comptent: au même titre qu'Arcade Fire, Franz Ferdinand, et sur les pas de Radiohead, Kele, Russell et les autres sont devenus incontournables, la sortie d'un nouvel opus ou le passage dans une salle proche constituant un événement en soi. Comme pour confirmer tout cela, le concert de l'Olympia était complet depuis des mois (c'est d'ailleurs tout à fait par hasard que j'ai pu y assister), et le public qui le remplissait jusqu'à rabord ne ressemblait en rien à celui qui se rend aux concerts de la nouvelle scène rock, qu'elle soit anglaise ou française (comprenez: pas de lycéens pré-ados mais plutôt des étudiants en dernière année de fac, voire des cadres à l'aube de la trentaine). Après une première partie dispensable, Bloc Party. a attaqué son show par un morceau du dernier album, mais par la suite a su piocher de manière judicieuse dans leur répertoire, accordant une grande place au premier. C'était la troisième fois que je les voyais sur scène, et je me demandais bien comment est-ce que je pourrais être surpris. Matt Tong tappe toujours aussi fort et précisément sur sa grosse caisse, Kele Okereke a toujours autant de présence et est même plus à l'aise qu'à leur début, Russell Lissack a toujours autant de classe, bref le tout fait toujours autant preuve d'énergie et d'urgence. Nan ce qui m'a surpris c'est que j'y ai pris du plaisir. Une heure trente de concert généreux; un set parfaitement maîtrisé, habité et expédié; une grosse ambiance dans la fosse, on pouvait en ressentir les vibrations même du fond et en costard-cravate; deux rappels, dont le second à même vu Russell agiter sa frange jusque là impassible. En live les morceaux de Weekend in the city (qui m'avait franchement déçu) prennent une toute autre dimension et révèlent toute leur puissance. Et sur Helicopter, il n'y a pas dû y avoir que l'Olympia, mais bien tout Paris qui a décollé... Un concert puissant, intense, électrique, majestueux. D'ailleurs Guéna avait prévu le coup: elle s'était attachée les cheveux.

4/01/2007

"Vas à ce concert...

... ça va changer ta vie, je te le jure" m'avait dit Natalie Portman à la fin d'un rêve torride et humide... N'aimant pas décevoir les filles, j'y suis allé. The Shins donc. Peut-être le meilleur groupe de pop des années 2000. Le genre de formation qu'on aime chérir et faire partager aux potes, parce que justement, ils ont écrit des chansons qui te changent une vie... Un concert propre, pro, maîtrisé, bien (et rapidement) exécuté. Ils ont couvert les trois albums, ont joué pour la première fois sur scène Caring is creepy, pour moi la plus belle chanson qu'ils aient écrite. Mais voilà, ça a manqué de puissance émotionnelle, de folie, ce petit quelque chose qui fait qu'un concert sorte du lot, te marque, ne soit pas qu'une date de plus dans un agenda déjà bien chargé. Y a bien eu un semblant de début de quelque chose sur So says I, mais c'était déjà trop tard, le concert se terminant dessus. Une bonne déception. Finalement je vais arrêter de passer mes nuits avec Natalie Portman moi...