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6/06/2010

Beautiful People (2)

"Hébétés, bourrés de coke pour oublier la solitude, pour oublier le néant. "Nous n'avions jamais le temps de comprendre les gens, nous étions tellement occupés à courir après des illusions" ajoute Diane. Et après avoir plané, il faut bien atterrir : la vie le lendemain, vide et fracassée, encombrée de l'extase de la nuit précédente, la gueule de bois et les mains tremblantes, l'inanité au-delà de l'illusion."


Beautiful People - Saint Laurent, Lagarfeld : splendeurs et misères de la mode - Alicia Drake (Gallimard - 2008)

5/01/2010

Beautiful People

"Depuis toujours, Corey est dans la fascination de l'image, point de départ de son attirance pour la notion de mode, les mannequins et Andy Warhol, lequel est non seulement un grand manipulateur de l'image dont la démarche proprement dite consiste à décrire la surface des choses, qu'il s'agisse du président Mao ou d'une chaise électrique. La relation sentimentale malheureuse qu'il vit alors n'est que la continuation de cette problématique, puisque l'homme qu'il poursuit est amoureux non pas de lui mais de son reflet. "Je n'avais pas un vrai travail, je n'étais pas un vrai mannequin, en fait je n'étais rien, explique-t-il. Tout ce que j'avais, c'était moi. La jeunesse et l'énorme pouvoir de séduction que l'on peut avoir à cet âge : voilà sur quoi je pouvais compter." Description qui s'applique à nombre de garçons et de filles qui à cette époque de triomphe de l'apparence vivaient de leur image"

Beautiful People - Saint Laurent, Lagarfeld : splendeurs et misères de la mode - Alicia Drake (Gallimard - 2008)



3/16/2009

Bareback Mountain.

"-Will ...
- Oui ?
- J'voudrais qu'tu me prennes, tu vois, comme çà, sans capote, j'voudrais que tu m'fasses çà comme un bébé, tu comprends ? J'voudrais que tu m'foutes çà dans le ventre, c'est comme un enfant que tu me fais, non ?
- Tu déconnes ?
- Non, c'est vrai, y a plus que çà. Est-ce que tu sais même ce que c'est de baiser sans capote ? Merde, tu te rends comptes, j'ai jamais fait çà...
- C'est clair, et tous ces enculés qui nous font la morale et qui faisaient çà sans rien, eux, merde c'est dégueulasse...
- Fais-moi un gosse, Will, fous-la moi, dans le ventre, la mort, la maladie, tu vois j'pourrais la porter, ce sera un peu à toi.
- C'est clair, y a plus que çà à faire.
- Je t'aime.
- Oh, je t'aime."
C'est comme çà qu'il le racontait."

La meilleure part des hommes - Tristan Garcia ( Gallimard )

2/14/2009

Séance de rattrapage 2008

Ce week-end j'écoute :

Toumani Diabaté - The Mandé Variations : Un disque de kora, instrument des griots d'Afrique. D'après la légende, ses musiques seraient jouées dans les navettes spatiales.



Sun City Girls & Jason Spaceman - BO de Mister Lonely : BO pour spationautes crashés au milieu de nulle part.

Sun City Girls & J Spaceman - Viola

2/07/2009

Playlist week-end

Animal Collective - Merriweather Post-Pavillion : la semaine dernière les premières écoutes des premiers morceaux m'avaient réellement enthousiasmé, et j'envisageais les écoutes à venir avec envie. Une semaine a passé, des écoutes ont passé et finalement c'est un sentiment de déception qui domine, comme l'impression de voir un de ses groupes favoris, parce que sans compromis, sans concession jusqu'alors, mettre de l'eau dans son vin, couper sa beuh. Le disque est bon. Certains morceaux me donnent envie de retourner en enfance, de ruer dans les brancards. Je pense à "My Girls" et " Summertimes Clothes", tous deux déjà candidats au titre de single de l'année. Le reste de l'album suit une trajectoire à mi -chemin entre les Beach Boys (que j'aime beaucoup) et Boards Of Canada (dont la musique electro-aquatique-buccolique m'a souvent laissé indifférent), et donne le sentiment d'écouter une tentative infructueuse de dépasser l'immense "Person Pitch" de Panda Bear (co-leader d'Animal Collective). J'espère que les prochaines écoutes me donneront tort.

Theo Parrish - Sound Sculptures Vol 1 : En fin d'année dernière, j'avais feuilleté un "slideshow" portant sur les livres, disques, films qu'il fallait avoir lus au cours de l'année, 2008 co-signé par Joseph Ghosn, sur le site internet masculin Menstyle, pendant numérique de GQ, qui compte parmi ses plumes d'anciens journalistes des Inrocks et Technikart. Enfin bref. Joseph Ghosn y parlait du disque de Theo Parrish. Disque de musique électronique, qui, à ses yeux ,ressucitait l'esprit de la Motown. Double LP, disponible en vinyle uniquement, sur un site anglais uniquement, à la date où je lisais l'article. J'ai attendu pour l'acheter. Paru en série limitée, le disque est désormais indisponible, et ne sera pas réédité avant longtemps, je pense. Je l'ai donc obtenu par des moyens détournés. Le disque tient sur deux pistes, une par LP. "Sound Sculptures Vol 1" est un disque fleuve, que j'ai écouté comme un disque fleuve. Tout d'abord parce que le format sous lequel je me le suis procuré interdit toute écoute titre par titre, et surtout parce qu'interrompre l'écoute en aurait cassé la dynamique. Ce serait comme regarder un film un jour le mettre sur pause et y revenir trois jours après. La tonalité du disque est très noire, au sens où ce disque est imprégné de soul, disco, hip-hop, techno et jazz. De ce disque, je retiens surtout cette phase d'une dizaine de minutes, qui commence comme un morceau de techno répétitive et se termine comme un morceau jazz, sur d'élégiaques notes de piano; une phase d'une minute trente sur le deuxième LP, vers la moitié du disque. Une minute trente de songes éthérés, sur un beat techno. Une définition du bonheur parmi tant d'autre.


2/04/2009

Danse avec le gang

La semaine dernière je pensais consacrer mon prochain billet à Animal Collective. Mais à l'heure où je noircis ce calepin numérique, j'ai davantage envie d'écrire sur le nouveau disque de Gang Gang Dance, Saint Dymphna. Le disque s'impose de lui même, sans effort. Il brasse des influences multiples, chacun y entendra ce dont il aura envie. En ce qui me concerne, j'ai envie d'y entendre une Björk perdue dans un club de Kinshasa, un morceau d'UK Garage à la So Solid Crew à la sauce new wave, un morceau de My Bloody Valentine cabossé, du world punk, de l'afro ambient, de la disco mutante. Ce disque complètement éclaté, sorti en 2008, est le meilleur disque que j'aie écouté depuis le début de l'année 2009.

Gang Gang Dance - Blue Nile

Gang Gang Dance - House Jam


12/20/2008

Playlist week-end

Sur le tard des mois après tout le monde j'ai découvert " I'm Good I'm gone" de Lykke Li. Cocokwaze tu avais raison : c'est frais, pétillant, sucré à point.

Lu le top 100 chansons de Pitchfork : bien entendu je n'en avais pas écouté le quart, faute de temps. J'ai écouté quelques titres comme çà. Little Boots, Young Jeezey avec Kanye West et Telepathe, un titre que je ne connaissais pas, produit par David Sitek de TV On The Radio, "I Can't Stand it", qui ressemble à du Cocteau Twins évaporé. Depuis je plane sous hypnose parmi les satellites.

Lykke Li - I'm Good I'm Gone
Telepathe -I Can't Stand it

12/13/2008

In Da Club

Ma semaine a commencé dimanche soir devant "Two Lovers", le nouveau film de James Gray, avec en vedette Joaquin Phoenix. Film sublime, peut-être mon préféré cette année, dont je retiens entre autres, la séquence du club, superbement mise en scène et mise en son. Je n'ai pas eu le réflexe de rester pendant le générique de fin et je me suis retrouvé à rechercher frénétiquement qui était l'auteur de cette chanson. Surprise c'est Moby, dont on attendait plus grand chose. Tambours afro, groove torride, sample de voix soulful bien en place, le morceau commence bien et se termine bien, entre temps, on aura du se coltiner quelques couplets hip-hop dignes de Redman sur "Dirrty" de Christina Aguilera et un très lourd emprunt aux basses délicates de "Block Rockin Beats" des Chemical Brothers. Si mes souvenirs sont bons, ces instants pénibles sont passés sous silence ou mis en sourdine pendant la scène. Cette semaine, en regardant Gossip Girl ( plaisir coupable ), j'ai redécouvert Bloc Party que j'ai beaucoup aimé il n'y a pas si longtemps, au point de les voir deux fois en concert en un mois à la sortie de "Silent Alarm". Le morceau "Signs", extrait d'"Intimacy", disque sorti cette automne pour qui l'ignorerait encore, est très beau, d'une beauté blafarde, comme si Kele Okereke posait sa voix sur une "chute" du "Richard D James Album" d'Aphex Twin. Découvert cette semaine, par hasard sur hypem, un single de Kid Sister, "protégée" de KanYe West, en duo avec David Banner, "Family Reunion", single " je me sens bien" par excellence. Ecouté également cette semaine : Bon Iver, folk à barbe assez falot; le dernier Walkmen, qui malheureusement me rappelle le premier disque des Cold War Kids.

Moby - I Love To Move in Here
Bloc Party. - Signs
Kid Sister avec David Banner - Family Reunion

12/07/2008

808's state of mind

Deux étoiles sur allmusic, 7,6 dans Pitchfork : le dernier album de Kanye West a déçu pas mal de gens. C'est sur que côté tubes frais et crémeux, vas-y que je te traine le popotin jusqu'à la piste de danse, on reste sur sa faim, même si "Paranoid" sauve la mise. Passée cette relative déception, l'album de Kanye West réserve son lot de bonnes chansons teintées de spleen avec cordes, piano, nappes de synthés cold wave.
Pour ceux qui, après ce coup de mou (encore que...), douteraient des talents de producteur de Kanye West, le dernier single de Jay-Z en duo avec Santogold (voir billet précédent) est une vraie tuerie.

Kanye West - Street Lights

12/05/2008

9/17/2008

Funk soul brothers

J'aime toujours autant me prendre en pleine tronche les assauts soniques de "Starring At The Sun" ou de "Wolf Like Me" du groupe de Brooklyn TV on The Radio. Cela ne m'empêche pas d'aimer leur dernier nouveau single, "Poppy" ( le titre de la chanson de TVOTR et non l'héroïne horripilante de "Be Happy") funky et (un poil) noisy : " Golden Age".



http://www.myspace.com/tvotr

5/03/2008

Les faucons ne partagent pas.

« Son talent était aussi naturel que les dessins poudrés sur les ailes d’un papillon. Au début il en aussi inconscient que le papillon et, quand tout fut emporté ou saccagé, il ne s’en aperçut même pas. Plus tard, il prit conscience de ses ailes endommagées et de leur dessins, et il apprit à réfléchir, mais il ne pouvait plus voler car il avait perdu le goût du vol et il ne pouvait se rappeler le temps où il s’y livrait sans effort »

Ernest Hemingway à propos de Scott Fitzgerald dans Paris est un fête.

Je suis en train d’écouter The Ideal Copy de Wire. Du « New Order en robe de bure » avait écrit Arnaud Viviant dans le Hors Serie « Trésors cachés » des Inrocks. Mon morceau préféré s’appelle « Up in The Sun », où la voix Walkerienne de Bruce Gilbert flotte sur une luminescente nappe de brouillard synthétique. En relisant cet article sur le mouvement shoegaze dans le premier numéro du magazine Tsugi, je suis tombé sur le nom de Stereolab. Ma surprise fut grande à l’écoute de « Dots and Loops ». Rythmes jazz, mélodies pop 60’s sucrées, textes (incompréhensibles) en français, ce disque donne du baumes aux oreilles. Sorti en 1997, « Dots and Loops » prouve qu’il y a une vie après le shoegaze.